Eoliennes: l'Atrébatie invite au débat sur le Net
Article paru dans La Voix du Nord - Edition du vendredi 23 décembre 2005, à la rubrique Actualité / Saint-Pol/ Page 4/
EXPERIMENTATION
Mercredi soir, la communauté de communes organisait une
réunion novatrice à Izel-lez-Hameau
Éoliennes:
l’Atrébatie invite au débat sur le Net
C’était
le grand soir, mercredi, pour les acteurs et initiateurs du débat
relatif aux éoliennes sur le territoire de l’Atrébatie.
Les techniciens et les élus de la communauté, rejoints
par le chargé de mission du conseil régional, avaient
invité trois spécialistes de la question, ainsi que les
habitants qui s’étaient inscrits dans cette démarche.
Ensemble, ils ont expérimenté un système de
démocratie participative qui pourrait faire école.
C’est
à Hervé Deleersnyder, chef de projet du territoire
numérique au sein de l’Atrébatie, qu’est revenu
mercredi l’honneur d’ouvrir la soirée-débat tant
attendue sur les éoliennes. Lui qui explore dans leurs grandes
largeurs les possibilités qu’offrent les nouvelles
technologies, a d’abord salué le partenariat développé
avec le conseil régional et son chargé de mission,
Alexandre Desrousseaux. Ils ont oeuvré ensemble pendant de
longs mois pour mettre en place ce débat numérique,
dans le cadre du projet régional «Dream 2». Pour
tous, c’était une première à marquer d’une
pierre blanche, tandis que les discussions en elles-mêmes
pouvaient enfin s’ouvrir.
« Projet industriel en
milieu rural »
Le président de l’Atrébatie,
Pierre Guillemant, a lui aussi tenu à mettre cette démarche
novatrice en valeur. «Nous allons vivre un événement
ce soir. C’est un vrai pari que l’on tente sur un dossier
difficile, qui consiste à se prononcer sur l’opportunité
d’un projet industriel en milieu rural. Il y a eu près de
1000 consultations du site* et 90 enjeux exprimés par les
utilisateurs, à partir desquels 5 thèmes ont été
retenus. Le deuxième défi, maintenant, va être
celui de l’expérience du dialogue et de l’intelligence
collective», a-t-il expliqué pour ouvrir le sujet.
Avant de débattre de ces thèmes qu’ils ont
eux-mêmes choisis, les usagers ont écouté les
discours de Pierre Guillemant, de M. Pignon, qui s’exprimait au nom
de l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie), de Bernard Fleuet, représentant la
société Ostwind chargée de l’étude pour
le territoire, et de M. Desnoulez, habitant d’Hermaville qui
s’exprimait contre l’implantation d’éoliennes dans le
secteur.
Opportunité ou effet d’aubaine
?
Chacun disposait de trois minutes pour donner son avis
sur cinq enjeux: la maintenance, le démantèlement et la
pérennité de l’installation; l’implantation; le
coût et la rentabilité; les autres sources d’énergie;
la répartition et l’affectation des gains. L’heure était
venue pour l’ADEME d’attirer toute l’attention de la salle sur
les problématiques énergétiques et leurs
conséquences. M. Pignon a rappelé la fin programmée
des énergies fossiles et la nécessaire production
d’énergie renouvelable. Il a illustré son propos par
la présentation de quelques-unes des 150 mesures du «
Plan climat» adopté par le gouvernement à cet
effet. Initiateur du projet pour Ostwind et défenseur logique
du projet, Bernard Fleuet s’est pour sa part évertué
à mettre en lumière le sérieux de l’entreprise
et des travaux qu’elle mène. Il a joué la carte de la
transparence quant aux gains que réaliseraient les
propriétaires (et les locataires le cas échéant),
la communauté de communes, les communes, le Département
et la Région. «C’est un vrai projet économique»,
a-t-il résumé. M. Desnoulez ne l’a pas contredit sur
ce point. En revanche, il a pleinement joué son rôle de
seul interlocuteur de l’opposition en soulevant les paradoxes de
l’éolien, en exprimant ses doutes sur sa pertinence dans la
durée, en dénonçant « un effet
d’aubaine» et en appelant les élus à
sauvegarder les paysages de l’Atrébatie…
Dernière
synthèse avant la décision
Les participants
avaient posé leurs questions par avance. Au moment de
s’exprimer, par groupes de huit à dix personnes, ils
disposaient d’une multitude d’éléments de réponse.
L’animatrice du débat, MmeBrisset, s’est livrée au
difficile exercice de la synthèse, qui montre que les
participants ne sont pas opposés à la démarche.
En fait, ils ont découvert la difficulté de se
prononcer en prenant le risque de commettre une erreur ou de laisser
filer une opportunité. Surtout, ils sont en demande constante
d’information. La mise en ligne du compte rendu de la soirée
leur en apportera encore. La synthèse définitive aidera
ensuite les élus dans leur prise de décision.
David
DERIEUX
* www.debat-atrebatie.org. Le débat continue à
cette adresse.
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