La démocratie participative expérimentée sur l'Internet
Article paru dans la Voix du Nord Edition du Vendredi 23 décembre 2005 , à la rubrique Actualité/ Région/ Nouvelles Technologies
La communauté de communes de l’Atrébatie, entre
Arras et Saint-Pol, ouvre le débat sur les éoliennes
La démocratie participative expérimentée
sur l’Internet
ON
trouve tout et n’importe quoi sur l’Internet. L’outil est
précieux mais dangereux, à manier avec précaution.
Il a néanmoins ouvert des perspectives pour les collectivités
locales, qui sont de plus en plus nombreuses à y recourir à
des fins d’information.
Un nouveau pas a été
franchi ces dernières semaines, et plus particulièrement
mercredi soir, avec l’utilisation du Net à des fins de
démocratie participative. La communauté de communes de
l’Atrébatie (27 communes et 12000 habitants, entre Arras et
Saint-Pol) a ouvert la voie. Malgré sa taille et son caractère
rural, elle a parié très tôt sur le développement
des nouvelles technologies en optant pour un projet de territoire
numérique.
90 propositions
C’est dans
ce cadre que l’Atrébatie, son président, Pierre
Guillemant, et son chef de projet, Hervé Deleersnyder, ont
fait le choix du débat numérique. En partenariat avec
le conseil régional, ils ont décidé
d’expérimenter le procédé «Dream 2»,
qui consiste à ouvrir le débat avec la population sur
l’Internet. L’opportunité d’implanter des éoliennes
sur le territoire et la volonté des élus d’associer
la population à la décision finale intervenaient dès
lors au bon moment…Depuis plusieurs semaines, les Atrébates
ont été invités à s’inscrire dans cette
démarche, de leur domicile ou dans l’un des six cybercentres
du territoire.
Un millier de consultations du site a été
enregistré, ainsi que 90 propositions d’enjeux. Celles-ci
ont été hiérarchisées, puis regroupées
pour les plus récurrentes en cinq thèmes: maintenance,
démantèlement et pérennité; implantation;
coût et rentabilité; les autres sources d’énergie;
répartition et affectation des gains. Mercredi, lors d’une
réunion publique, Pierre Guillemant, un représentant de
l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de
l’énergie), le porte-parole de la société
Ostwind et un opposant ont donné leur avis sur la question.
Chacun a joué sa partition, l’un exprimant ses craintes et
dénonçant «un effet d’aubaine»,
les autres rassurant la population et invoquant des motifs
écologiques… et économiques.
Confrontés par
petits groupes à la difficulté de faire leurs choix,
les participants disposaient d’une heure pour formuler leurs voeux
et soulever de nouvelles interrogations. Le résultat de cette
réflexion sera communiqué en ligne, où le débat
se poursuit (1). Les élus, qui pensent déjà
à renouveler l’expérience sur d’autres thèmes,
y auront recours à l’heure du choix.
David
DERIEUX
1. – www.debat-atrebatie.org.